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Témoignage du mois : Christian Carozzi, un bénévole engagé en faveur du don de compétences Pro Bono*

 

Chaque année depuis 2015, plusieurs entreprises du quartier d’affaires de La Défense mobilisent des centaines de salariés autour d’un événement dédié au Pro Bono* ensemble, ils participent à des « marathons pro bono » en partageant leurs compétences avec des associations pour résoudre une de leurs problématiques en une journée. Christian Carozzi, responsable de Group Compensation Operations au sein de Thales sur le site de Carpe Diem, est un adepte de ces journées auxquels il a participé 3 fois. Il témoigne de son enthousiasme sur ce format d’engagement innovant.

 

 

La Pro Bono Factory 2018 à La Défense a rassemblé 197 personnes en novembre 2018. Qu’y avez-vous fait cette année ?

 

J’ai passé une journée, avec 10 autres collaborateurs de Mazars, EY, Enedis et Allianz pour aider une association, Integr@Terre, à définir une stratégie de recrutement et des fiches de postes pour développer son action locale d’économie circulaire autour de l’alimentation en 5 axes : éduquer, récupérer, valoriser, produire, vendre.

 

En 1 journée, peut-on vraiment apporter des solutions? Quel est l’impact réel pour les associations ?

 

L’impact est réel et mesurable car l’objectif de chaque mission est bien défini. Il est atteint pour deux raisons :

  • La mission est très bien préparée en amont par l’organisation Pro Bono Lab qui audite et identifie les enjeux stratégiques des associations afin de répondre à leurs besoins prioritaires avec des livrables précis.
  • La journée de travail est animée par un médiateur avec des séquences rythmées, en sous-groupes ou en plénière, qui permettent de s’approprier le sujet et d’aboutir progressivement aux livrables en fin de journée. Le timing est très bien géré, et la collaboration de chacun est optimisée.

 

Ce modèle illustre la force du collaboratif : chacun apporte sa vision et ses idées, avec le souhait de comprendre et d’aider. Par ailleurs, le contexte bienveillant favorise la créativité.

Les associations ont ainsi accès à des compétences professionnelles qu’elles ne peuvent pas se payer, et obtiennent des livrables et un plan de travail en peu de temps. Elles se confrontent aussi à d’autres regards et façons de penser, ce qui est important pour avancer.

 

 

Vous avez participé 3 fois à ce même format. Pourquoi recommencer ?

 

Parce qu’à chaque fois c’est différent !

 

Chaque année, je trouve une association et une mission différente.

 

La première fois, c’était une mission marketing pour une association d’orientation professionnelle pour des jeunes, un sujet qui me tient à cœur ; la deuxième année, l’objectif était de faciliter le développement des partenariats d’une association qui utilise l’humour en entreprise pour promouvoir la tolérance et l’ouverture pour le bien-être des salariés, un autre sujet qui me parle !

 

Cette année, en revanche, c’était une mission RH, donc c’était parfait, et j’ai pu apporter ma vision du métier !

 

C’est important de savoir qu’il ne faut pas forcément avoir les compétences qui répondent à la mission. C’est justement le mélange des fonctions et des profils qui font la qualité de ces journées. Il ne faut pas voir cela comme un frein, mais comme une ouverture et se lancer !

 

 

Qu’est-ce que cela apporte, selon vous, personnellement et professionnellement ?

 

Pour moi, c’est une journée où j’utilise mes compétences tout en me déconnectant de mon quotidien, et en servant à d’autres.

 

Ce qui m’importe, c’est de donner un tout petit moment de ma vie, gratuitement, à des gens qui sont payés très peu pour faire beaucoup. Je donne mes compétences pour qu’ils puissent évoluer et faire grandir leurs convictions.

 

Ça me permet aussi de prendre du recul. Ça ouvre l’esprit !

 

D’un point de vue professionnel, j’essaie d’apporter l’expérience que j’ai acquise dans un autre environnement, ce qui nécessite de l’adaptation et de la créativité. Et puis cela me permet de faire et d’échanger avec des salariés d’autres entreprises, de me confronter à d’autres façons de travailler.

 

Ces expériences renforcent aussi ma conviction qu’il faut essayer de recruter des gens qui ne sont pas dans notre environnement parce qu’ils apportent  quelque chose d’autre, ils ont une vision différente qui peut être un atout important.

 

un extrait de l’annonce du poste conçu pendant le Marathon ProBono

 

 

Recommanderiez-vous ce dispositif à d’autres salariés et à des managers  au sein de Thales ?

 

Oui ! Il faut communiquer bien davantage pour le faire connaître, et faire comprendre aux managers que ce temps bien encadré et consacré à un sujet d’intérêt général apporte beaucoup aux salariés et à Thales.

 

Par ailleurs, il faut aider les salariés à se libérer du frein « je ne peux pas y aller, j’ai trop de travail. » Lorsqu’on part en vacances, on se prépare ; pour cette journée, c’est pareil, on anticipe !

 

Et il faut un soutien au niveau RH pour que ces journées soient reconnues et encouragées.

 

*Probono : Le pro bono signifie en latin «pour le bien public». Il désigne l’engagement volontaire de ses compétences professionnelles pour le bien public. Depuis les années 1970, des professionnels du monde entier partagent leurs compétences en stratégie, finance, marketing, communication, ressources humaines, web ou encore droit pour aider gratuitement les associations qui n’ont pas les moyens d’accéder à ces services.