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Le témoignage du mois : Damien Gillette

Ce mois-ci, Damien Gillette, responsable projets au sein de Thales à Gennevilliers, nous raconte son engagement en tant que vice-président de l’association Five Hearts pour le projet dédié au centre d’apprentissage multimédia au Togo. Soutenu par la fondation Thales, son projet a permis de construire un centre multimédia d’apprentissage e-learning pour les enfants défavorisés du nord du Togo (Niamtougou).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles raisons vous ont poussé à vous lancer dans cette aventure?

 

DG : « Les raisons pour lesquelles je me suis investi dans l’association Five Hearts rejoignent les réflexions et l’ambition de la fondation Thales. Effectivement, on parle souvent d’égalité des chances dans notre pays, mais soyons francs, aujourd’hui à Thales, combien de personnes viennent de milieux défavorisés ?

 

J’ai vécu dix ans en cité, mais j’ai eu la chance que mes parents m’envoient dans un lycée avec 98% de réussite au bac. En parallèle, je donnais des cours de soutien scolaire, dans un lycée en cité, avec 54% de réussite au bac. Dans ces cas-là, où est l’égalité des chances ? En même temps, que peut-on y faire ? Quand on a la chance d’être né au bon moment, au bon endroit, on ne va pas culpabiliser par rapport à ça. On peut essayer de rééquilibrer un peu les chances en donnant du soutien scolaire par ci et par là, en donnant de son temps ou de l’argent. C’est toujours une petite goutte d’eau dans un océan d’iniquité.

 

Un gamin de cité, Dodzi, dont je m’occupais à l’époque est venu me voir et m’a dit : ‘’ Damien, j’ai un projet. Au Togo, 1 enfant sur 2 rentre en primaire et 1 enfant sur 5 est scolarisé au collège. Si on inverse les proportions cela veut dire que 4 enfants sur 5 travaillent au lieu d’aller au collège ‘’. Il m’a fait remarquer qu’avec son SMIC ici en France, il touchait l’équivalent de 40 mois de salaire au Togo. Il voulait réinvestir cet argent dans une association. Il avait vingt ans, et je me suis dit : ‘’ Oui, on va l’accompagner ‘’. »

 

Comment est né le projet du centre multimédia d’apprentissage e-learning?

 

DG : « En 2008, nous avons commencé à prendre en charge leur soutien scolaire, leur frais de scolarité, d’abord pour 12 enfants, puis 23, puis 30. En 2012, Mathieu Vallet, responsable de pôle chez Thales à Gennevilliers, a l’idée d’ouvrir une bibliothèque là-bas, ce que nous avons réalisé. Il y a deux ans, Delphine Baudoin, une salariée de la direction commerciale France, me parle de la fondation Thales comme possible soutien. Je pensais que c’était pour les grosses associations et que nous n’avions aucune chance… mais nous avons tenté ! Nous avons fait évoluer notre projet en lien avec les ambitions de la Fondation sur l’éducation aux sciences et au numérique, et ainsi proposé la construction de ce centre d’apprentissage e-learning. »

 

Quels résultats ont été obtenus jusqu’à présent ?

 

DG : « Au début de l’aventure, nous nous sommes concentrés sur les dons de fourniture, le soutien scolaire et le suivi médical, puis, nous avons démarré des actions liées aux sciences. Notre médiathèque a été équipée de 3 PC. Nous avons commencé à donner des cours informatiques, nous avons mis en place une base de formation e-learning, et nous avons également mis en place nos premières expériences scientifiques type l’extraction de l’ADN de la banane, ou l’effet du soleil sur la peau. En 2016, la Fondation Thales nous a sélectionnés, en nous permettant de financer 50% de notre projet. Nous avons pu voir encore plus grand. De 40m2, notre centre d’apprentissage multimédia est passé à 70m2. C’est donc un peu plus cher et un peu plus long mais nous allons pouvoir accueillir plus de jeunes, une centaine par jour. Pourquoi voir petit quand on souhaite vraiment pouvoir accueillir ces 100 personnes ?

 

Le terrain vierge a été acheté puis défriché, les travaux ont été lancés : les fondations ont été posées, les murs montés et la structure extérieure a pris forme. L’aménagement intérieur est désormais terminé depuis le début de l’année. Plusieurs PC ont été livrés, et les premiers cours informatiques ont pris place. Cet été, nous inaugurerons officiellement le centre d’apprentissage e-learning à Niamtougou. »

 

D’autres salariés se sont-ils portés volontaires pour ce projet ?

 

DG : « Oui, une quarantaine de salariés de Thales m’ont accompagné dans ce projet. Ils se sont mobilisés pour collecter des PC portables, qui sont indispensables à notre action, télécharger des contenus de cours e-learning afin de permettre l’apprentissage e-learning là-bas, collecter de l’argent en participant à nos actions bénévoles en France autour d’événements caritatifs. Sans oublier l’association sportive de Thales qui nous a fourni plus de 120 t-shirts pour chacun de nos enfants au Togo !

 

En plus de ces dons et de cette implication, j’ai eu l’opportunité de présenter mon action au management meeting à Gennevilliers, et j’ai constaté que la fondation Thales pouvait aussi renforcer l’image que les salariés ont de leur entreprise. Plusieurs personnes sont venues m’interpeller en me disant : ‘’ J’ai vu votre présentation, je ne savais pas que Thales faisait ça, c’est quelque chose de positif dans le secteur du social, une raison de plus pour laquelle on peut être attaché à notre entreprise ‘’. Plusieurs directeurs, vice-président et même président m’ont d’ailleurs fait des dons de vidéos projecteurs et de tablettes numériques suite à cela. »

 

Quel rôle a joué la fondation Thales dans ce projet ?

 

DG : « La fondation Thales nous a fait réfléchir sur l’évolution de la société, l’importance prise par les sciences et la nécessité de faire évoluer notre système pédagogique. Quand on y pense, notre système scolaire est basé sur un professeur qui distribue verticalement le savoir aux élèves, qui ne le remettent jamais en cause. Et pourtant, aujourd’hui, dans le travail de tous les jours, on cherche la meilleure solution parmi des centaines ou des milliers de réponses possibles comme une recherche internet, on développe donc notre esprit critique, ce que ne fait pas le système scolaire. Un autre exemple, en entreprise, 80% du temps, nous sommes amenés à travailler en collaboration, en équipe, avec nos propres équipes ou avec le client, avec notre hiérarchie, avec des utilisateurs, alors qu’à l’école on est plutôt sur une réussite individuelle : le meilleur va pouvoir choisir sa voie.

 

L’iniquité existera toujours, notre action n’est qu’une goutte d’eau, mais une goutte d’eau qui pèse aujourd’hui 133 élèves, 15 bacheliers issus d’un autre cycle, 3 personnes qui ont eu une bourse pour venir en université en France, 2 structures scolaires montées et 2 programmes avec des hôpitaux. Donc ce n’est qu’une goutte d’eau, mais la Fondation Thales nous a aidés à essayer de pousser un peu sur cette balance pour rééquilibrer les chances. »

 

Vous vous êtes engagés auprès d’un projet de la fondation Thales et souhaitez partager votre expérience ? Envoyez-nous vos témoignages et vos photos!
foundation@thalesgroup.com